VOYAGE CHEZ LES ANCÊTRES DE DANIEL, SERGE ET MONIQUE - POURQUOI CE BLOG ?
L’ORIGINE DU VIRUS
Je l’avoue sans
réserve : c’est à ma très chère mère que je dois le virus de la généalogie.
C’était en 1999, lors d’une conversation légère, au gré des souvenirs et des
anecdotes, qu’elle évoqua ses grands-parents maternels, de mystérieux inconnus
dont elle ne savait que trop peu de choses. Ce manque de connaissance la
chagrinait, sa propre mère ne lui ayant guère parlé d’eux.
À cet instant, une idée germa en moi : pourquoi
ne pas entreprendre quelques recherches, même modestes ? Elle me confia
quelques bribes d’informations, comme le lieu et l’année de décès, des indices
précieux qui allaient me conduire sur les traces de nos ancêtres.
Ma demande adressée à la mairie de
Faux-la-Montagne, nichée en Creuse, reçut une réponse prompte, mais à l’époque,
l’employé municipal refusait de délivrer des photocopies d’actes. Je fus donc
gratifié d’une transcription sur papier à en-tête. Ce document, bien que
simple, m’apporta une révélation : il indiquait la date et le lieu de naissance
de mon arrière-arrière-grand-père, en 1855, à Sainte-Anne-Saint-Priest, en
Haute-Vienne.
Lorsque je sollicitai à nouveau cette dernière
mairie, la réponse fut cette fois bien différente : la secrétaire, par une
heureuse habitude, m'envoya une photocopie de l’acte. Tout y était inscrit à la
main, mais ce qui me frappa le plus fut la signature, celle du père déclarant,
tracée avec une certaine maladresse. À cet instant, je ressentis un choc
émotionnel indescriptible. Contempler cette signature, vestige tangible d’un
homme ayant vécu plus de 140 ans auparavant, me toucha profondément.
J’étais désormais frappé par le virus,
irrémédiablement contaminé. Quelques mois plus tard, pour le jour de son
anniversaire, le 1er juin 2000, j’offrais à ma chère maman un arbre généalogique
s'étendant sur cinq générations. Depuis ce jour, je n’ai jamais pu m’arrêter
dans cette quête fascinante. Quelle terrible et magnifique maladie !
Les années se sont écoulées, tissant patiemment le fil de mes
recherches, qui se sont enrichies, diversifiées, approfondies par la lumière de
quelques études minutieuses. Celles-ci, je m'apprête à les partager ici, sur ce
blog, comme autant de joyaux au sein d'un écrin de mots.
Toujours guidé par le même plaisir, ou du moins je
l'espérais, j'ai entrepris une enquête durant plusieurs mois, m'immergeant dans
les méandres du passé pour retracer le parcours militaire de mon grand-père
maternel durant la Grande Guerre de 1914 à 1918. Ce travail, d'une ampleur
considérable, s'est mué en un ouvrage que j'ai voulu le plus documenté
possible, relatant les étapes de son périple, débuté aux Dardanelles. Avec une
fierté mêlée d'émotion, je l'ai remis à cette mère, dont le regard s'est perdu
dans les pages sans jamais véritablement s’y plonger, tout comme le reste de
notre famille. Oui, la généalogie est une passion profondément intime, un
trésor souvent difficile à transmettre, comme une mélodie que l'on fredonne
sans que l'autre n'en perçoive les notes.
Puis sont venues d'autres études, explorations
de lignées parfois illustres, qui tissent un lien avec notre propre histoire.
Ainsi, ce blog se fera le témoin des familles Fouquet de Closneuf, De Vidranges,
De Villelume, et d’autres, jusqu'à notre ancêtre le plus éloigné, Charlemagne
lui-même. Certains avanceront que la moitié des Français descendent de
l'Empereur, une assertion que je contesterai sans hésiter. Car, au-delà des
rumeurs qui s'entrelacent,
prouver l'héritage est un défi bien plus complexe. C'est dans cette quête de vérité que je me suis engagé, traçant des chemins souvent obscurs pour éclairer le passé de notre lignée. Et c'est ainsi que la base généalogique de notre famille comporte plus de 12 000 individus, situé sur 1160 communes de France et étranger.
Alors pourquoi ce blog enfin ? Peu de mots suffisent à
répondre à la question. La même problématique se pose à tous les généalogistes
en âge avancé : que deviendront mes travaux de recherches après moi ?
Certes, pour nombre d’entre nous la relève est assurée soit par la descendance
soit par quelqu’un de la famille proche. Leur testament généalogique est tout
écrit. Ce n’est pas mon cas au vu du désintérêt
manifeste suscité par mes quelques publications.
Ainsi, à travers ce blog, je souhaite tisser un pont entre le
passé et le présent, un chemin qui serpente entre les vies de ceux qui m’ont
précédé et les pages blanches que nous écrivons encore.
Je me remémore ces heures passées, à feuilleter
de vieux albums, à déchiffrer des documents jaunis par le temps. Ces moments,
empreints de nostalgie, sont autant de fragments de vie que je souhaite
partager
Je suis animé par l’espoir que ce modeste espace virtuel
puisse éveiller, chez des lecteurs inattendus, la même curiosité qui m’a
conduit sur les chemins sinueux de mes recherches.
Alors, que ce blog soit un hommage à ceux qui
ont pavé notre route, un lieu où la mémoire se conjugue au présent. Que chaque
visiteur se sente libre d’explorer, de questionner, et même d’apporter sa
propre pierre à cet édifice en perpétuelle construction.
Bienvenue à tout lecteur et bon voyage au pays de nos
ancêtres.
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