NOS GRANDES FAMILLES: 1- Famille de notre arrière grand-mère Famille FOUQUET de CLOSNEUF/ 2- Famille DE VIDRANGES/ 3- Famille DE VILLELUME
Famille
FOUQUET
/FOUQUET DE CLOSNEUF
D’argent,
à un écureuil rampant de gueule, chargé de trois roses d’argent
Emilie Alphonsine
FOUQUET (sosa 9)
épouse DROUARD Isaïe Louis Benoni, n’est autre que notre
arrière grand-mère.
Au fil des siècles, la destinée de nos ancêtres s’inscrit dans la grande trame de l’histoire française, mêlant humble vécu et liens insoupçonnés avec la noblesse. Prenons d’abord le cas d’Émilie Alphonsine Fouquet, dont le parcours singulier et souvent marqué par les épreuves témoigne d’une vie de modeste résistance face aux aléas du destin.
Née en 1874, dernière née d’une fratrie de douze enfants, Émilie voit le jour dans une famille modeste, en un temps où la société française, encore profondément enracinée dans ses classes, offre peu de perspectives aux enfants du peuple. En 1891, à seulement 17 ans, elle épouse Isaïe Louis Benoni Drouard, un homme expérimenté, d’un âge alors avancé, veuf de deux mariages antérieurs. Cet engagement, à première vue, semble fragile : son père, Dominique Fouquet, n’approuve pas cette union, la trouvant trop jeune et surtout méfiant envers son nouveau gendre, un garçon de café. Le mariage, cependant, scelle le début d’un parcours tumultueux.
Dès l’année suivante, la jeune épouse donne naissance à deux fils, Georges et Marcel, qui ne vivront que neuf semaines. La douleur de cette perte précède une transformation dans leur vie : le couple s’investit dans une existence itinérante, acquérant une roulotte et se lançant dans une vie de saltimbanques, de poètes et de chanteurs. La famille, influencée sans doute par l’entourage artistique de son frère aîné Edmond, artiste gymnasiarque, et par sa compagne Eloïse Donon, se déplace de village en village, de la Haute-Marne à la Côte d’Or, puis dans l’Aube, l’Yonne, la Saône-et-Loire, pour finir près de Joigny, où Émilie décède en 1916, à l’âge de 43 ans, sans connaître le chagrin de la mort de son fils Marcel, tombé au combat lors de la Première Guerre mondiale. Son corps repose aujourd’hui dans une tombe inconnue, mais son existence témoigne d’une vie de luttes modestes, de joies simples, et de sacrifices silencieux.
Ce parcours humble contraste vivement avec la lignée noble dont, paradoxalement, Émilie aurait pu être issue, si l’on remonte dans le temps, au XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV. En effet, la famille Fouquet de Closneuf, à laquelle elle serait liée par des liens de filiation, possède une histoire riche et prestigieuse.
Jean FOUQUET DE
CLOSNEUF (sosa 1168
La généalogie de cette famille remonte à Jean Fouquet, sieur des Roziers, un ancien officier de police et huissier de la Chambre, qui fut anobli en 1655 par lettres royales. La famille Fouquet de Closneuf appartient à cette noblesse de robe, une noblesse qui, à cette époque, tire ses titres et ses privilèges de fonctions publiques et administratives.
Les branches de cette famille sont multiples : notamment celles des marquis de Belle-Isle, dont Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, est la figure la plus célèbre, ainsi que celles des seigneurs de Moulins-Neufs ou de la Varenne. Cependant, la connexion exacte entre notre branche de Closneuf et ces lignées prestigieuses demeure incertaine. Le récit familial indique que Jean Fouquet de Closneuf épousa vers 1640 Marguerite Le Plat, et qu’ils eurent un fils, Louis, en 1642. Malgré la révocation de nombreux titres de noblesse en 1664, Jean Fouquet obtint en 1665 de nouvelles lettres de noblesse, et fut confirmé dans sa condition noble par un arrêt du Conseil d’État en 1669. La famille résidait alors à Paris, et leur position sociale, bien que fragile, était attestée par ces reconnaissances officielles.
Ainsi, tandis que la lignée noble de nos ancêtres tricotait son histoire dans les hautes sphères de la monarchie et de l’administration royale, la vie d’Émilie Alphonsine Fouquet, née dans une famille modeste, témoigne de la réalité plus dure et plus simple du peuple. Elle incarne la part d’histoire souvent oubliée, celle des humbles qui, malgré tout, portent en eux la mémoire d’un passé noble, même si leur vie quotidienne demeure marquée par la lutte et la modestie. La question de leur lien avec la noblesse de France demeure ouverte, mais il n’en reste pas moins que leur destin, à travers les siècles, s’inscrit dans cette double tension entre héritage prestigieux et réalité populaire.
Louis FOUQUET DE
CLOSNEUF (sosa 584)
une vie inscrite dans la noblesse et
l’histoire
La naissance de cet homme de noble ascendance demeure incertaine, bien que son année d’arrivée dans ce monde soit généralement estimée vers 1642. À l’aube de ses vingt-sept ans, il contracte mariage avec Jeanne Flourét de Forestel, le 18 février 1669, à Paris. Cette union scelle le lien avec une famille également noble : Jeanne est la fille de Romain Flourét de Forestel, écuyer et gentilhomme, et de Jeanne Litault, femme de chambre du Dauphin de France. Le contrat de mariage, authentifié par Maître Ogier, notaire royal en la capitale, témoigne de la légitimité et de l’importance de cette alliance.
Il convient de rappeler que le titre de Dauphin, porteur de l’avenir royal, était traditionnellement attribué au fils aîné du roi. En 1669, ce titre revient au « Grand Dauphin », fils aîné de Louis XIV, figure emblématique de la monarchie française. Le portrait de ce prince illustre cette époque : un jeune homme au regard pénétrant, symbole de la continuité dynastique.
L’épouse de Louis Fouquet, née le 24 janvier 1643 à Saint Germain de Paris — aujourd’hui Saint Germain en Laye —, appartient également à la noblesse. Elle sera d’ailleurs nommée femme de chambre des enfants du Grand Dauphin, notamment auprès de Louis, futur roi, ce qui témoigne de son rang et de sa proximité avec la cour royale.
Le couple choisit de s’établir à Garancières, dans les Yvelines, où naîtront leurs cinq enfants, témoins vivants de leur lignée et de leur rang :
- Louis, en 1670, qui deviendra lui-même écuyer ;
- Marie, en 1671, dont la vie fut brève puisqu’elle décéda à l’âge de deux ans ;
- Jean François, en 1673, notre ancêtre ;
- Thérèse, en 1680 ;
- Simon, en 1681, qui sera élevé au rang de Chevalier de Saint Louis, symbole de ses mérites militaires.
Selon les mémoires et documents publiés par la Société historique et archéologique de Rambouillet, Louis Fouquet de Closneuf apparaît comme une figure notable de son temps.
On retrouve ses armoiries dans la parution de l’Armorial d’Hozier :
Entre 1676 et 1684, il est mentionné comme exempt des gardes du corps de la Reine mère et exerce la fonction de gentilhomme servant du roi, attestant de sa place dans l’entourage privilégié de la cour.
Le 18 avril 1695, son épouse Jeanne s’éteint, à peine âgée de 52 ans, laissant derrière elle un héritage familial et une postérité qu’il continue de faire vivre. Le 18 mai 1699, Louis Fouquet est confirmé dans sa noblesse par un jugement signé Phélypeaux, intendant de Paris, consolidant ainsi sa position sociale.
Il s’éteint enfin à l’âge de 72 ans, dans la paisible ville de Montfort-l’Amaury, en Yvelines, le 21 juin 1714. Son corps repose désormais dans cette localité, témoignant de son enracinement dans cette région chère à sa famille.
Ainsi s’achève le récit d’un homme dont la vie, marquée par la noblesse, le service et l’attachement à ses racines, demeure un témoignage précieux de l’histoire de la noblesse française au XVIIe siècle.
Jean François
FOUQUET DE CLOSNEUF (sosa 292)
né le 14 novembre 1673, appartient à une lignée dont la vocation militaire semble être une constante inséparable de leur destin. En effet, l’histoire familiale témoigne d’un engouement marqué pour la carrière des armes, et c’est sans surprise que l’on retrouve Jean François embrassant cette voie dès sa jeunesse, en dépit des aléas de la destinée.
Originaire des Yvelines, il perd sa mère à Garancières alors qu’il n’a que vingt-deux ans, un épisode qui marque sans doute le début d’une vie vouée à la discipline et à la service de la nation. À l’âge de quarante ans, il contracte mariage avec Marie Françoise Beck, ou VON BECK, une femme dont l’origine se situe probablement dans la région de Kientzheim, proche de Colmar, selon les sources du Centre de Recherche sur l’Histoire des Familles. Cette union le lie également à une famille influente, puisque Marie Françoise est fille de Jean Beck, Conseiller au Grand Conseil de Strasbourg, ce qui témoigne de la place importante occupée par cette famille dans la noblesse de robe de l’époque.
Au service militaire, Jean François atteint le grade de Commandant de l’Artillerie à Phalsbourg, une position de responsabilité témoignant de ses compétences et de sa fidélité à l’armée française. Leur union ne leur donnera qu’un seul fils, Jean Antoine, dont la vie et la destinée restent en partie enveloppées de mystère. La date de décès de Jean François demeure incertaine, mais une hypothèse plausible s’appuie sur l’événement du mariage de son fils en 1746 : il serait alors décédé cette année-là, lors d’un conflit qui allait marquer à jamais l’histoire militaire de France.
En effet, en 1671, sous le règne de Louis XIV, la création du Régiment des Fusiliers du Roi marque une étape essentielle dans la structuration des forces royales. Ce régiment devient en 1693 la Royal-Artillerie, une unité d’élite dont le rôle sera crucial lors de la bataille de Fontenoy, sur le sol belge, le 11 mai 1745, lors de la guerre de Succession d’Autriche. Cette bataille, célèbre pour la déclaration du commandement anglais « Messieurs les Anglais, tirez les premiers », voit s’affronter les forces françaises et alliées contre celles de l’ennemi. La lutte est acharnée, et parmi les pertes françaises, figurent 53 officiers tués, un chiffre qui témoigne de la férocité du combat.
Étant alors commandant de ce régiment, il est fort possible que Jean François Fouquet de Closneuf ait trouvé la mort dans cette mêlée sanglante, participant à l’un des épisodes les plus mémorables de la guerre de succession d’Autriche. La mémoire de ces soldats et officiers a été honorée récemment, en 2010, par l’érection d’un mémorial-ossuaire dans le cimetière de Fontenoy, un lieu chargé d’histoire, où furent retrouvés lors de fouilles archéologiques en 1991-1992, les restes de ceux qui s’y étaient battus.
Ainsi, à travers cette brève chronique, se dévoile le destin d’un homme dont la vie s’inscrit dans le tumulte des guerres de son temps, reflet d’une époque où le service militaire était une vocation autant qu’un devoir national, et dont la mémoire perdure dans la pierre et dans la pierre tombale de Fontenoy.
La bataille de Fontenoy par Pierre Lenfant
Jean Antoine Fouquet de Closneuf (sosa
146)
Un parcours militaire et familial au fil du XVIIIe siècle
Né le 9 février 1716 dans le village de Kientzheim, Jean Antoine Fouquet de Closneuf appartient à une famille dont la tradition militaire est une évidence. Dès son jeune âge, il embrasse la carrière des armes, comme ses ancêtres avant lui. À l’âge de 30 ans, il occupe déjà la fonction d’Écuyer du Roi à la citadelle de Metz, attestant de sa position et de sa loyauté envers la monarchie.
C’est au cours de cette période qu’il fait la connaissance de demoiselle Marguerite Topfer. Leur relation, marquée par une passion naissante, donne naissance à leur premier enfant hors mariage en février 1745. Ce « mariage clandestin » sera officialisé seulement en septembre 1746, lorsque la reconnaissance de l’enfant sera également enregistrée, scellant ainsi leur union en conformité avec les lois de l’époque.
Le couple eut au total dix enfants, dont les naissances suivent le rythme des mutations militaires de Jean Antoine, qui le conduisent d’une garnison à une autre :
- Jean Christian, né en 1745 à Nunschwiller
- Marie Anne, née en 1750 à Bitche
- Jean Martin, en 1751 à Bitche
- Louise Marie, en 1752 à Bitche
- Anne Catherine, en 1753 à Lichtenberg (Bas-Rhin)
- Marie Catherine (notre ancêtre), en 1754 à Lichtenberg
- Jean Louis, en 1756 à Wissembourg
- Marie Josephe, en 1758 à Wissembourg
- Antoine Benoît, en 1759 à Wissembourg
- Simon Louis, en 1760 à Wissembourg
Ces lieux de naissance illustrent la vie itinérante d’un officier de carrière, constamment déplacé pour ses affectations militaires.
Au terme de sa carrière, Jean Antoine atteint le grade de Commandant de la Place de Wissembourg, une responsabilité importante dans la défense de la région. Il est également décoré en recevant la distinction de Chevalier de Saint Louis, une récompense honorifique instaurée en 1693 par Louis XIV, destinée à honorer les officiers méritants, catholiques, ayant servi au moins dix ans dans l’armée française. Il ne s’agit pas d’un grade en soi, mais d’un signe de reconnaissance prestigieux, comparable aujourd’hui à la Légion d’Honneur.
La vie de Marguerite fut marquée par la perte prématurée de sa santé : elle décède en 1763 à l’âge de seulement 39 ans. Après six années de deuil, Jean Antoine épouse en juin 1769 Marie Elisabeth Maurice. Leur union est rapidement suivie de la naissance de leur fils, Georges Antoine, un mois plus tard — un épisode qui prête à sourire, tant il semble paradoxal qu’un enfant naisse si peu de temps après le mariage. Malheureusement, cet enfant décède en novembre de la même année, suivi par sa mère quatre mois plus tard.
Jean Antoine Fouquet de Closneuf passa ses dernières années à Wissembourg, où il mourut le 9 juin 1791, en pleine Révolution française. À l’âge de 75 ans, il laissait derrière lui un parcours d’officier loyal, père de nombreux enfants, témoin des bouleversements de son siècle, et désormais inscrit dans la longue lignée de ses ancêtres.
Gravure de Wissembourg au XVII e siècle
Marie Catherine
Marguerite FOUQUET DE CLOSNEUF (sosa 73)
L’histoire de la dynastie Fouquet de Closneuf, telle qu’elle se déploie à travers ses protagonistes, témoigne des profondes mutations sociales et personnelles qui traversent la France sur plusieurs siècles. Au cœur de cette transformation se trouve Marie Catherine Marguerite Fouquet de Closneuf, née le 5 décembre 1754, figure emblématique dont la vie incarne à la fois les vicissitudes et les évolutions d’une époque turbulente.
Fille d’une lignée aristocratique, Marie Catherine voit sa destinée marquée par une jeunesse mouvementée : elle donne naissance en 1778 à un premier enfant, Thomas d’Aquin Friederich, dont le père demeure inconnu. Ce premier épisode de sa vie, marqué par une erreur de jeunesse, n’empêche pas cependant la jeune femme de contracter mariage avec Carl de la Remondie, officier de l’armée. De cette union naît en 1787 un second enfant, confirmant sa volonté de poursuivre une existence à la croisée des chemins entre la vie familiale et les responsabilités sociales.
Les archives attestent qu’elle réside toujours dans la région de Wissembourg, plus précisément dans le village de Schliethal, où elle vit avec sa sœur, Marie Josèphe, située rue du Village. C’est dans ce lieu modeste qu’elle décède le 14 avril 1846, après une vie qui a traversé la Révolution française, l’Empire napoléonien, et les premières décennies de la monarchie constitutionnelle.
Thomas d’Aquin
Friederich FOUQUET (sosa 36)
Premier enfant de Marie Catherine, Thomas d’Aquin Friederich voit le jour le 17 juillet 1778 à Bouquenom, une localité qui, au fil des révolutions et des changements administratifs, fusionnera en 1794 avec Neuf-Sarrewerden pour former la ville de Sarre-Union, sous l’impulsion de Robespierre. Ce contexte tumultueux marque profondément la jeunesse de Thomas, qui, à l’instar de nombreux jeunes de son époque, doit naviguer dans un univers en pleine mutation.
Installé dans le village de Lixheim, en territoire alsacien, il épouse Angélique Blé Paxion en 1813. De cette union naissent huit enfants, dont quatre survivront à l’enfance : Françoise, Frédéric Victor, Joseph Frédéric, et notre ancêtre, Dominique. La vie de Thomas, exercée dans le secteur de la tannerie et du commerce de peaux, illustre la mobilité économique de la période, avec des activités qui semblent l’amener jusqu’au Rhin, en Allemagne, où il trouve la mort à Oestrich en 1835, à l’âge de 56 ans. La date de son décès, dix ans après celui de son épouse, témoigne de la continuité de ses activités dans un contexte transfrontalier.
Dominique FOUQUET (sosa 18)
Né à Lixheim en 1824, Dominique est le reflet d’une génération marquée par la perte précoce de ses parents. Orphelin à 10 ans, il ne connaît que peu de ses racines familiales. La trace de sa vie se perd dans l’anonymat des archives jusqu’à son mariage à Troyes, en 1851, à l’âge de 26 ans. Cordonnier de profession, il s’inscrit dans la classe moyenne montante, père de douze enfants dont cinq meurent en bas âge, une réalité douloureuse mais fréquente dans le contexte social de l’époque.
Son épouse, Marguerite Augustine Arbonnet, originaire de Haute-Marne, lui donne une descendance qui s’étendra sur plusieurs générations. Après la mort de son épouse en 1892, Dominique survit jusqu’en 1905, date à laquelle il s’éteint à l’âge de 80 ans. Son inhumation à Troyes, sans sa fille Émilie présente, symbolise la fin d’une lignée qui, en huit générations, aura connu une ascension sociale remarquable.
Une synthèse de l’évolution sociale
À travers cette saga familiale, s’incarne une remarquable évolution : de la noblesse et du rang élevé, côtoyant un roi, à l’ombre de la vie quotidienne des artisans et commerçants, jusqu’à la condition de saltimbanque et artisan de la classe moyenne. En huit générations, cette famille illustre la mobilité et la transformation profonde des structures sociales françaises, témoignant du mouvement incessant vers la démocratisation et la diversification des statuts.
C’est ainsi que l’histoire de cette famille, à la fois modeste et noble, offre un miroir fidèle des bouleversements de notre société, où chaque vie, chaque destin, contribue à écrire la longue chronique de la France en mutation.
2
Famille
DE VIDRANGES
D'azur, à trois cygnes d'argent,
posés 2 et 1, becqués et membrés d'or
PREAMBULE
Cette très ancienne famille de
Lorraine est connue depuis le XIII ème siècle.
Aujourd’hui il semble que le nom soit
éteint. Or à un moment donné de notre histoire nous avons été très liés avec
cette famille dès lors que Jacobée De Vidranges prit pour époux notre ancêtre
Nicolas PLUMEREL.
Mes recherches croisées entre toutes
les sources d’informations citées ont permis de remonter les siècles jusqu’aux
plus anciennes informations et d’établir le chemin généalogique entre les De
Vidranges et la famille Drouard
On notera que cette famille se croise
également avec notre lignée de la famille Fouquet De Closneuf.
Remontons
aux origines connues de cette famille
Bertram DE WIDRANGES
(notre sosa 4 917 248)
Il est le
premier de la lignée qu’on ait pu authentifier bien que ses origines soient
plus anciennes encore et vivant en 1141 à Gelucourt en Lorraine.
Il serait né
au lieu de Videlange (nom actuel) où il n’y a aujourd’hui plus qu’une
exploitation agricole.
Il a deux
fils : Vary (notre ancêtre) et
Ruprech.
Vary DE WIDRANGES
(notre sosa 2 458 624)
Comme son
père, il devient seigneur de Vidranges, de Nallanges et de Valtermanges et
entreprend un voyage en Terre Sainte avec son frère Ruprech en l’an 1237 sous
la bannière du comte de Vaudémont. Ruprech est mort à Gaza en Palestine.
D’une épouse
non connue, il a deux fils : Liébauld
(notre ancêtre) et Ruprech.
Liébauld DE
WIDRANGES (notre sosa 1 229 312)
Comme ses
ancêtres, il prend les titres de seigneur de Vidranges, de Nallanges et de
Valtermanges.
Il épouse
une jeune fille du nom de Bonne DE HARANGES dont il a un fils, Ferry.
Ferry DE WIDRANGES
(notre sosa 614 656)
Il est
chevalier, Sire de Vidranges, Nallanges et Valtermanges.
Il sert sous
les ordres de Jehan Ier, Comte de Salm. Il est ensuite au service de Renauld de
Bar, évêque de Metz.
Il est fait
prisonnier à la bataille de Frouard en 1308
Il épouse
Demoiselle Aignel des Armoises dont il a deux enfants : Dommeson Joannin,
notre ancêtre, puis Ginette Libignine
Joannin DE WIDRANGES
(notre sosa 307 328)
Damoiseau,
il commande 25 lances pour le Duc Raoul
Il est
signalé encore vivant en 1349, et achète une maison à Lunéville à Harlat De
Lunéville.
Il épouse
Demoiselle Oudette De Parroy, Dame de Parroy, fille de Jean et de Alix De
Condey, dont il a un fils, Husson :
Husson De Widranges
(notre sosa 153 664)
Ecuyer,
seigneur de Vidranges et de Grimont.
Il épouse
Demoiselle Mengeotte DE BIONCOURT, fille de Jean et d’Isabelle DE NANCY.
Il écrit son
testament le 1er mars 1381 devant Me Fredy de Haldome, Tabellion et
notaire à Lunéville, et qui précise :
« désirant
être inhumé en l’église de ce lieu (Lunéville) en la foce de mon grand père Mr
Ferry de Vidranges, chevalier »
Il lègue à
son fils Hannibal une épée provenant de sa « grand grand
mère Dame Bonne de Harange laquelle fut baillée à mon père Dameson de
lordonnance de mondit grand père Mr Ferry chevalier quil rapporta de Jherusalem
estant de retour dexeil avec les comte de Toul afin que la portant il ayt la
souvenance de prier Dieu pour ses père et grand »
Hannibal DE VIDRANGES (notre sosa 76 832)
Seigneur de Vidranges, de Nallanges et
de Waltermanges, également bailli de l’évêché de Metz.
Il est aussi maître d’hôtel de
l’évêque Conrard Bayer de Boppart
Il est injustement dépouillé de ses
biens par son suzerain et doit se réfugier auprès d’Isabeau, Duchesse de
Lorraine et de Bar qui le nomme gouverneur de ses fils.
Il épouse Demoiselle DE HARTE,
originaire du Luxembourg dont il a un fils Hanus.
Hanus DE VIDRANGES (notre sosa 38416)
Chevalier et banneret
Il est député par l’Empereur Frédéric
III pour visiter la basilique Saint pierre et Saint paul de Rome
Il épouse Demoiselle Walburge LUD DE
PFAFFENHOVEN, fille de Johannès, secrétaire du Duc et auditeur des comptes de
Lorraine, maître général et justicier des mines de Lorraine et d’Agnès
d’AINVEAU. Enssemble, ils ont un fils, Humbert
Il décède après 1465
Humbert DE VIDRANGES (notre sosa
19 208)
Il est écuyer, Seigneur d’une partie
de la Tour d’Essey, de la vouerie de Baccarat, Azerailles et Domptail. Il est
élu échevin aux assises du 3 août 1470, secrétaire ordinaire du Duc René
II , conseiller et auditeur des
comptes du Duc de Lorraine.
Il obtient à Nancy une attestation du
Duc René prouvant sa filiation.
Il épouse Demoiselle Genon DE
DOMPTAILLE, fille de Didier et de Marguerite Jalon. Ensemble ils ont deux
enfants : Jehan notre ancêtre
et Nicolas.
Il est inhumé dans une tombe en
l’église des frères mineurs de Nancy près de la première porte à droite où on
pouvait lire l’inscription suivante : « Cy gist noble escuyer Humbert DE
Vidranges, conseiller du Roy de Sicile Duc de Lorraine et de Bar et auditeur
des comptes qui trepassa le jour de l’An mon cinq centz et quatre Priez Dieu
pour luy »
Jehan DE VIDRANGES (notre sosa 9 604)
Ecuyer, Seigneur de
Dombasle-en-Xaintois et de Tanviller en Alsace, seigneurie que le Duc de
Lorraine lui donne le 23 janvier 1540, auditeur des comptes de Lorraine, nommé
secétaire ordinaire du Duc le 26 janvier 1528,puis nommé général des mines de
Lorraine le 24 juillet 1553.
En juin 1537, il épouse Demoiselle
Marguerite GELEE fille du seigneur GELEE et de noble Haulwix MENGIN. Ensemble
ils ont cinq enfants :
·
Orly, notre ancêtre
·
Humbert II
·
Jacques
·
Bastien décédé en
bas âge
·
Catherine
Il rédige son testament le 10 juin
1562 devant Me Jean Rouyer, Tabellion à Nancy, désirant élire sa sépulture en
la chapelle Saint Nicolas de la paroisse Saint-Epvre à Nancy, dans la fosse de
Marguerite Morcel sa tante. Il y est donc inhumé dans une grande tombe sur
laquelle on pouvait lire : « Cy gist Jean De Vidranges escuyer seigneur de Tanviller
et Dombasle en Xaintois, conseiller de notre souverain seigneur, auditeur des
comptes et général des mines de Lorraine qui trepassa le unziesme jour de juin
1562 Priez pour luy Amen »
Orly DE VIDRANGES (notre sosa 4 802)
Ecuyer et Seigneur de Tanviller et de Dombasle-en-Saintois
En sa qualité d'aîné, il hérita de
la seigneurie de Thanvillé ; il fut par la suite contrait de
la vendre.
Il fut nommé secrétaire ordinaire du Duc le 27 mars 1555
Olry s'efforça d'obtenir la restitution des biens autrefois enlevés à ses ancêtres par l'évêque de Metz ; en 1571, il obtint du cardinal Charles de Lorraine la promesse formelle que les terres de Widranges, Nullanges et Valtermanges lui seraient restituées. On ne sait pas si cette promesse a été honorée. Lorsque Olry eut quitté l'Alsace, il se retira en Lorraine où il possédait la seigneurie de Dombasle-en-Xaintois, et habita tantôt Nancy, tantôt Villers-lès-Nancy. En 1576 et 1589, il fit partie des États généraux de Lorraine et, en 1584, prit part à la rédaction des coutumes.
Il épousa par contrat du 12 mars 1563, Barbe de LISLE, fille de Jehan de LISLE, avocat au baillage de Bassigny, et de Bénigne HEYMARD, dont il eu au minimum 7 enfants :
· Claude vers 1564
·
Jacobée
(notre ancêtre) en 1566
· Madeleine vers 1568
· Bénigne
· Hannibal
· Catherine
· Siméon
Il mourut le 17 octobre 1589 et fut inhumé en la chapelle Saint-Nicolas, dans l'église de Saint Epvre de Nancy.
Jacobée De VIDRANGES
(sosa 2401)
Jacobée voit
le jour en Lorraine, exactement le 19 février 1566 à Villers-lès-Nancy. Elle
descend d’une longue lignée de la noblesse lorraine.
Ses parents
se sont mariés trois ans avant sa naissance dans la ville de La Mothe en
Bassigny, située aujourd’hui en Haute Marne, autrefois en territoire lorrain.
Plus tard la
famille vit à Villers-lès-Nancy mais les attaches avec La Mothe distante de 100 km demeurent. Si
bien qu’elle épouse Jehan PLUMEREL, un marchand et qui devient Maire de La
Mothe et qui est anobli par le Duc de Lorraine Henri par lettre du 23 mai 1612.
Jacobée et
son époux ne connaissent pas de leur vivant la tragédie de La Mothe mais que subit
leur fils Nicolas (notre ancêtre Drouard).
Deleur union
naissent quatre enfants :
·
Bénigne
Plumerel en 1586
·
Humbert
Plumerel en 1595
·
Nicolas Plumerel dit « La
Ramée » vers 1600 (notre ancêtre)
·
Claude
Plumerel vers 1607
Un bref
rappel d’histoire s’impose pour bien comprendre dans quel contexte cette
famille a vécu.L’Europe est ravagée par la Guerre de Trente Ans, mais les
premières interventions françaises n’ont lieu qu’en 1632 avec l’invasion de la
Lorraine par les troupes de Richelieu. La Mothe se trouve assiégée une première
fois en 1634, puis une seconde en 1642/1643. Pendant ce temps, Richelieu meurt
et est remplacé par Mazarin. Le troisième siège de la ville est fatal et
Mazarin ordonne la destruction totale de la ville. Les 3392 habitants ne sont pas
exterminés mais sont chassés et trouvent refuge un peu partout en Lorraine.
Aujourd’hui le site se visite et est entretenu.
Ainsi notre
ancêtre Nicolas Plumerel (ou Plumeret), fils de Jacobée et soldat de la
garnison de La Mothe a participé aux combats jusqu’au bout alors que ses
parents sont déjà décédés.
C’est avant
le début de cette guerre que Jacobée décède le 29 novembre 1617 à Villers.
Elle est
inhumée dans l’église de l’Abbaye de Clairlieu de Villers-lès-Nancy. On peut lire
dans le Bulletin de la Société d’Archéologie de Lorraine page 142 :
« Une plaque située dans le collatéral droit, en face de l’arcade du
milieu de la nef, indiquait : Cy devant repose le corps de
Damoiselle Jacobée de Vidranges, épouse de noble Jean Plumerez, résidant à
Villers-lez-Nancy, laquelle décéda le 29 novembre 1617. Priez Dieu pour son âme.
Hélas, l’abbaye a été totalement
démolie. Des fouilles archéologiques ont eu lieu entre 1980 et 1988 qui ont
permis de la dégager et d’en refaire le plan.
Ruines de l’abbaye de
Clairlieu à Villers-lès-Nancy
Nicolas PLUMEREL (notre sosa 1 200)
D’abord soldat à la garnison de La Mothe
A l’issue de la guerre de Trente Ans et à la prise et la destruction totale de La Mothe par les troupes de Louis XIV en 1645, la famille PLUMEREL est éclatée et trouve refuge dans plusieurs lieux de la Lorraine.
Tandis que son frère Humbert sera écuyer et cheval léger auprès du Duc de Lorraine, on retrouvera Nicolas marchand à Neuchâteau
Naît vers 1600 et épouse avant 1632 Marguerite VOIRIN décédée à Lixheim en Moselle le1er avril 1675, dont il eut trois fils :
· François
·
Pierre
(notre ancêtre) en 137
· Charles Laurent en 1644
Pierre PLUMERET (notre sosa 600)
Né vers 1632 et décédé le 20 mars 1714 à Lixheim. Marchand à Neufchâteau
Il épousa Marie Gigand le 30 juin 1665 à Lixheim , de cette union naissent 10 enfants dont notre ancêtre Nicolas :
· Christman en 1666
· Henri en 1668
·
Nicolas
(notre ancêtre) en 1670
· Laurent en 1671
· Marie et Pierre en 1675
· Gabriel en 1679
· Marie-Marguerite en 1682
· Michel et Nicole en 1684
Nicolas PLUMEREY (notre sosa 300)
Né le 18 avril 1670 à Lixheim et décédé le 13 mars 1734. On remarque au passage le changement d’orthographe du patronyme.
Il épousa le10 janvier 1696 à Sarraltroff Catherine BOUR, dont il eut 5 enfants
· Marie-Madeleine en 1699
· Marguerite en 1699
· Jean-Nicolas en 1702
·
Jean
Ferry (notre ancêtre) en 1705
· Jean-Pierre en 1708
Jean
Ferry PLUMEREY (notre sosa 150)
Tisserand
Né le 27 février 1705 à Lixheim et décédé le 1er mars 1754. Il exerce la profession de tissier
Il épousa le 14 janvier 1742, Catherine BRONNER, dont il eut 5 enfants :
· Claudine en 1742
· Catherine en 1744
· Jean-Georges en 1746
· Autre Jean-Georges en 1748
·
Marguerite
en 1752 (notre ancêtre)
Marie Marguerite PLUMERAY (notre sosa
75)
Née le 30 juin 1752 à Lixheim. On remarque un autre changement d’orthographe du patronyme
Elle épousa Jacob PAXION , Officier de la Garde le 24 octobre 1753 dont elle eut 9 enfants :
· Anne-Marie en 1782
· Jacob en 184
· Joseph en 1786
· Louis-Antoine en 1789
· Magdeleine en 1791
· Marguerite en 1792
· Rosalie en 1793
· Angélique Blé (notre ancêtre) en 1794
· Marguerite en 1798
Angélique Blé PAXION (notre sosa 37)
Née le 5 Août 1794 à Lixheim et décédée le 22 avril 1825
Elle épousa Thomas d’Aquin Friederich FOUQUET , marchand de peaux et tanneur, dont elle eut 8 enfants :
· Joseph Frédéric en1813
· Françoise en 1815
· Frédéric-Victor en 1816
· Joseph Frédéric en 1817
· Barbe Agélique en 1818
· Louis en 1821
· Denis en 1822
·
Dominique
(notre ancêtre) en 1824
Dominique FOUQUET (notre sosa 18)
Voir le chapitre consacré à la famille FOUQUET et FOUQUET DE CLOSNEUF
Né le 14 mai 1824 à Lixheim et décédé le 27 février 1905 à Troyes
Cordonnier
Il épousa Marguerite Augustine ARBONNET dont il eut 12 enfants :
· Héloïse en 1850
· Marie Joséphine en 1851
· Edouard en 1853
· Jean Gabriel en 1855
· Marie-Louise en 1857
· Marie-Julie en 1859
· Edmond en 1861
· Irma en 1863
· Albert en 1865
· Auguste en 1868
· Aimable en 1870
·
Emilie
Alphonsine (notre ancêtre) en 1873
Emilie Alphonsine FOUQUET (notre sosa
9)
Née le 19 mai 1873 à Troyes
Le 7 février 1891 elle épousa Isaïe Louis Benoni DROUARD
dont la descendance est bien connue, puisque ce cette union est né Georges
René Eugène DROUARD, notre grand-père, père de Jean, Louis,
Georges, Félix, André, Thérèse, Yvonne et Jeanine DROUAR
Sources
d’informations
-
Historique du Château de Thanvillé
-
Bulletin de la Société d’Archéologie de
Lorraine – page 142
-
Mémoires de la Société d’Archéologie de
Lorraine du musée Lorrain de Nancy – page 356
-
Nobiliaire ou armorial général de la Lorraine
et du Barrois- page 656
-
Revue Nouvelle d’Alsace-Lorraine ed.1887
– page 321
-
Journal de la Société d’Archéologie de
Lorraine de 1898 – pages 172 à 181
3
Famille
DE
VILLELUME
D’azur
à 10 bezons d’argent placés en V 4,3,2,1
Cri
de guerre : « Villelume ! »
PREAMBULE
La
famille DE VILLELUME s’inscrit dans la longue trame de nos origines. À travers
ces pages, chaque personnage, chaque union conjugale, se dévoile comme un fil
indissoluble de notre héritage familial. Nous débuterons notre récit en faisant
la connaissance du premier ancêtre connu, un De Villelume, qui marque le début
de notre branche dite Billonnet. Puis, remontant plus loin dans le temps, nous
plongerons dans l’histoire pour explorer les origines ancestrales, celles que
la tradition et les archives nous ont transmises.
Il
apparaît que nos ancêtres appartenaient à la noblesse d’épée, une aristocratie
guerrière dont les membres, chevaliers et seigneurs, détenaient parfois
plusieurs fiefs en Auvergne ou dans la Creuse. Ces figures, souvent illustres
par leurs exploits, ont laissé une empreinte durable dans l’histoire de France
: ils ont combattu pour de nombreux rois, affronté les périls de batailles
épiques, et leur bravoure a été saluée dans maints témoignages. Chacun d’eux,
par leurs hauts faits d’armes, témoigne d’un engagement indéfectible au service
de la couronne et de leur terre.
En
retraçant leur parcours, nous ne faisons pas seulement œuvre de généalogistes,
mais aussi d’historiens. Nous pénétrons dans l’étoffe même de la France
médiévale, imaginant nos ancêtres comme acteurs actifs de cette période
mouvementée. Leur présence à nos côtés, dans le contexte tumultueux des guerres
et des alliances, éclaire notre compréhension de nos origines.
Les
sources pour reconstituer ce passé sont rares et souvent lacunaires. Les
archives municipales, souvent fragmentaires ou endommagées par le temps,
laissent parfois des zones d’ombre, notamment concernant les dates précises de
naissance ou de décès. C’est pourquoi nous avons dû nous tourner vers des
témoignages anciens, des ouvrages de référence conservés dans la Bibliothèque
Nationale de France, ainsi que vers les éléments fournis par la famille
elle-même, porteurs d’un précieux témoignage oral et écrit.
Il
est aujourd’hui commun d’entendre que « le Français de souche n’existe pas » ou
que « nous sommes tous issus de l’immigration », et que « la France n’a pas de
tradition chrétienne ». Pourtant, il est essentiel de se rappeler que connaître
ses racines, ses véritables ancêtres, c’est aussi affirmer une identité
enracinée dans une histoire authentique. Dans une période où les discours
officiels et certains médias tendent à brouiller cette mémoire, il est vital de
rétablir la vérité historique. Nos ancêtres, ces acteurs de l’histoire,
méritent d’être reconnus pour leur rôle dans la construction de notre nation.
Enfin,
cette étude n’est pas seulement une démarche généalogique ou historique, mais
une démarche de reconnaissance envers ceux qui nous ont précédés, afin de mieux
comprendre qui nous sommes aujourd’hui, en nous appuyant sur la solidité de nos
véritables origines.
Les principaux lieux sont visibles sur cette carte
Remontons les siècles, et parcourons treize générations pour
dévoiler l’origine de cette famille dont l’histoire s’inscrit dans la mémoire
collective. Au cœur de cette lignée se dresse la figure de
Guillaume de
Villelume (notre sosa 208 109 568) ,
le plus ancien ancêtre
connu, dont la vie et les exploits témoignent d’un passé mouvementé et chargé
de bravoure.
Né aux environs de 1076, Guillaume de Villelume apparaît
comme le seigneur du lieu éponyme, une localité dont le nom allait marquer à
jamais l’identité familiale. Son domaine, dominé par un château aujourd’hui
disparu, se trouvait à quelques kilomètres au nord du village de Mérinchal,
dans la province de la Creuse. La toponymie de la famille, attestée par son
nom, évoque cette terre d’origine, témoin de ses racines profondes.
Les vestiges actuels, illustrés par les photographies
ci-dessous, témoignent de ce passé ancien. À droite, la butte où les
archéologues ont localisé l’emplacement du château féodal, demeure silencieuse
de siècles révolus, évoque par sa silhouette les murs d’une forteresse
autrefois imprenable.
L’année 1096 marque un tournant décisif dans la destinée de
Guillaume. Répondant à l’appel du Pape Urbain II et de Pierre L’Hermite, il
quitte ses terres pour rejoindre la noble croisade qui s’engage alors pour la
libération de Jérusalem. Aux côtés de Godefroy de Bouillon, il s’illustre lors
de la prise de la ville sainte en 1099, inscrivant son nom dans l’histoire de
cette expédition légendaire. Le 15 juillet de cette année mémorable, Guillaume,
dans un élan de courage extraordinaire, escalade avec fougue les murailles de
Jérusalem. La bravoure dont il fait preuve impressionne ses compagnons et
notamment Godefroy, qui, en signe de reconnaissance, lui remet un drapeau
arraché aux musulmans. Sur ce dernier, une inscription gravée, symbole de leur
victoire, fut confiée à Guillaume, qui le conserva précieusement dans une boîte
en plomb au château de Barmontet, jusqu’à la barbarie de la Révolution
française, lorsque, en 1793, le feu dévora ces précieux vestiges.
Prise de Jérusalem par
l’armée des Croisés
Les archives historiques ne nous livrent que peu
d’informations quant à la fin de sa vie ou à l’identité de son épouse. Seul
demeure le souvenir qu’il eut un fils, Josselin,
à qui la transmission de cette noblesse de courage et de ténacité fut assurée.
Ainsi, à travers cette lignée, c’est tout un pan d’histoire
médiévale, de bravoure et de foi, qui s’inscrit dans la mémoire de cette
famille, dont l’épopée se déploie depuis le cœur de la Creuse jusqu’aux
croisades, témoignant du destin exceptionnel d’un homme dont la vie incarne
l’esprit de son temps.
Josselin DE
VILLELUME (notre sosa 104 054 784)
On ignore tout de sa naissance, de son mariage et de son
décès. Il faut présumer que son père décède jeune puisqu’en qu’en 1110 il prend
le titre de seigneur de Villelume. A son tour il laisse un fils, Guillaume ci-dessous.
Guillaume DE
VILLELUME (notre sosa 52 027 392)
Il serait né vers 1150. Il devient aussi chevalier et
seigneur de Villelume, et prend pour épouse Alaïs DE CHÉNÉRAILLES , fille
d’Amblard DE CHÉNÉRAILLES (village de la Creuse).
On leur connaît un fils ; Guillaume qu’on appelle « premier »
du fait d’une succession de plusieurs descendants avec ce prénom.
Il décède vers 1210.
Guillaume I DE
VILLELUME (notre sosa 26 013 396)
Sa date de naissance n’étant pas formellement établie, il se
marie vers 1235 avec Agnès d’Ussel, fille de Robert d’Ussel, Chevalier et
seigneur d’Eygurande et dont il a quatre enfants : Guillaume II, Raoul, Jean
et une fille Dalmatie.
La famille d'Ussel est réputée être issue des vicomtes de
Ventadour avec lesquels elle partageait la seigneurie de la ville d’Ussel.
En 1199, il prête serment sur l’Evangile auprès de l’Evêque
de Clermont, de maintenir la paix entre Robert Ier, Comte Dauphin d’Auvergne et
le roi Philippe Auguste.
En 1215, il se porte à nouveau garant d’un accord passé entre
ce même comte et Amblard DE CHALUS , seigneur dudit lieu.
Guillaume II DE
VILLELUME (notre sosa 13 006 848)
On ne connait rien de sa naissance, de son mariage, de son
décès.
Il porte les titres multiples de seigneur de Barmontet(à
Verneughéol), de Vatanges (Puy de Dôme), de Mérinchal (Creuse) et de La Celle
(Puy de Dôme)
On lui connaît deux fils : Guillaume III et Aymon
Son château de Vatanges est aujourd’hui encore habité :
Guillaume III DE
VILLELUME (notre sosa 6 503 424)
Il serait né vers 1255 et mort vers 1306
On ne lui connait qu’un fils : Guillaume IV
Il est seigneur de Villelume.
En ce début du XIVe siècle, la noblesse auvergnate, incarnée
par la figure de
Guillaume IV de
Villelume (notre sosa 3 251 412),
incarne l’élan d’une aristocratie profondément engagée dans
la défense de ses terres et de ses honneurs face aux tumultes de l’époque.
Natif vers l’an 1290 dans la région de Mérinchal, en Creuse, Guillaume, issu
d’une lignée noble, hérita de plusieurs seigneuries stratégiques, telles que
Barmontet, Vatanges, Mérinchal et La Celle d’Auvergne, témoignant de son
enracinement dans le centre de la France et de l’influence qu’il exerçait dans
la région.
Vers 1335, il contracta alliance matrimoniale avec Alixent de
Thinières, fille de Pierre IV de Thinières, seigneur de Val en Corrèze, dont le
château demeure encore aujourd’hui un témoin vivant du patrimoine familial,
ainsi qu’avec Mardogne en Cantal, aujourd’hui en ruines, et Saint Hérent dans
le Puy de Dôme. De cette union naquirent six enfants, parmi lesquels Josselin,
qui épousa Marguerite de Saint Nectaire, et Guillaume V, futur dépositaire de la lignée.
L’engagement de Guillaume dans la vie politique et militaire
de son temps se manifesta notamment en 1322, lorsqu’il fut choisi, aux côtés de
trois autres chevaliers d’Auvergne, pour prêter serment de fidélité au nouveau
roi de France, Charles IV le Bel, devant l’évêque de Clermont, Aubert Aicelin
de Montaigut. Ce serment, acte solennel de loyauté, témoigne de l’intégration
de la noblesse locale dans la couronne capétienne et de sa participation aux
affaires monarchiques.
Cependant, la paix, fragile et précaire, fut de courte durée.
En 1356, la région d’Auvergne sombra dans le chaos lorsque les bandes
anglaises, profitant des tumultes de la guerre de Cent Ans, envahirent le pays.
Ces bandes, pillant et ravageant la contrée, laissèrent derrière elles un
sillage de dévastation ; un manuscrit du XVIe siècle en témoigne : « ...les
Englois faisant la guerre dans le Royaume ayant occupé plusieurs places en ce
pays d’Auvergne prirent et brûlèrent entièrement la dite maison de Villelume...
», illustrant la destruction de l’ancienne demeure familiale. Privée de son
siège ancestral, la famille Villelume dut alors se replier au château de
Barmontet, symbole de leur résilience face aux calamités.
Les années suivantes furent marquées par une insécurité
chronique dans les territoires de Sermur, d’Herment et de Chavanon, zones
frontalières où la famille détenait ses fiefs. La lutte contre les incursions
anglaises et les routiers exigeait un engagement personnel constant de
Guillaume et de ses successeurs, tant en service qu’en contributions
financières, afin de défendre leur honneur, leurs terres et leurs droits.
Guillaume IV de Villelume s’éteignit le 28 octobre 1378,
laissant derrière lui une lignée résolue à préserver leur territoire et leur
fidélité envers la couronne. Leur existence témoigne d’une époque tourmentée,
où la noblesse devait sans cesse lutter pour maintenir ses droits face à la
tourmente des guerres et des invasions, incarnant ainsi la résistance d’une
aristocratie profondément enracinée dans le patrimoine et les valeurs de leur
temps.
Le Château de Val actuel
Guillaume V DE
VILLELUME (notre sosa 1 625 856)
On ignore sa date de naissance. Il devient Chancelier du Duc
de Berry
Il épouse vers 1370 Agnès Troussebois, fille d’Eudes III
Troussebois, seigneur de Laleuf (Indre) et de Jeanne de Parigny.
Le couple a trois enfants : Jean, Guy qui deviendra Sous
Chantre du Chapitre du Château de Bourges, et enfin Hugues notre ancêtre.
Sa vie d’homme de guerre le mène à servir sous Jean, Comte de
Boulogne et d’Auvergne.
Vers 1377, avec Arbert de Montvert et leur troupe, il dévaste
la village de Lempdes (aujourd’hui une ville).
Peu après, aux cris de « Boulogne », il s’empare de
la ville de Saint Flour. Sur plainte de l’Evêque de Clermont, il est poursuivi
en justice. Le procès s’éternise et au final, il bénéficie d’une mesure de
grâce.
Il décède avant août 1383.
Dans
l’histoire tumultueuse de la France médiévale, se dessine le portrait d’une
lignée de chevaliers et de seigneurs dont la destinée fut marquée par les
tourments de la Guerre de Cent Ans, les révoltes politiques et les
reconstructions après la destruction. Parmi eux,
Hugues DE VILLELUME
(notre sosa 812 928)
apparaît comme une figure emblématique de
cette époque de bouleversements et d’engagements. Né vers 1370, Hugues s’élève
au rang de chevalier, assumant la charge de Seigneur de Villelume, de
Barmontet, de Vermeugheol et de Baubière. Son parcours personnel se tisse dans
le contexte de cette France fracturée par la guerre, où la loyauté et la
bravoure deviennent des vertus cardinales. En 1410, il unit sa destinée à celle
de Claude DU VERNET, avec qui il engendre une descendance nombreuse : Claude Ier, notre ancêtre direct, mais aussi
Anne, Jeanne, Jean, Agnès, Guillemette, témoins de la continuité et de la
complexité de cette lignée.
Les années
1390 marquent également l’engagement militaire d’Hugues, lorsqu’en juillet
1390, il accompagne le duc de Bourbon, Louis II, en Tunisie, à Ad Mahdiya, pour
combattre les Infidèles en réponse aux pirateries qui mettaient en péril la
Méditerranée. Ce voyage témoigne de la dimension chevaleresque et diplomatique
de sa carrière, inscrite dans le cadre des croisades modernes et de la défense
de la chrétienté.
Ses fils et
petits-fils poursuivent cette tradition de bravoure et de loyauté.
Claude Ier De
VILLELUME (notre sosa 406 464)
né vers 1410, hérite des terres de Barmontet,
Verneugheol, et Tournadet, dans le Puy-de-Dôme. Sa vie se révèle tumultueuse,
marquée par la destruction de la demeure familiale, un épisode emblématique qui
s’inscrit dans le contexte de la Guerre de Cent Ans et des conflits civils qui
secouent la France. La révolte de la Praguerie, cette rébellion de princes
contre Charles VII, trouve dans ces épisodes une toile de fond tragique.
Notre ancêtre, fidèle au roi, se voit rattrapé
par cette tourmente, et la condamnation des comploteurs entraîne la destruction
du château de Barmontet par le duc de Bourbon, probablement en 1437 ou 1440.
Cependant,
la résilience se manifeste lorsque, après la fin des troubles, Claude et son
frère Jean, eux aussi fidèles à la couronne, reconstituent leur patrimoine. Ils
bâtissent de nouvelles tours, fortifient la demeure, creusent des fossés, mais
tout cela sera finalement détruit par le temps, par l’action du comte Amable
d’Autier. La vieille forteresse cédera la place à des résidences bourgeoises
datant du XIXe siècle, témoins d’une reconstruction qui efface peu à peu
l’empreinte féodale.
Les
possessions de la famille De Villelume, depuis 1200 au moins jusqu’en 1710,
illustrent la stabilité de cette lignée dans le territoire auvergnat. Vers
1450, Claude achète avec son frère Jean les châteaux de Beaubière et Tournadet,
aujourd’hui témoins silencieux de leur ancienne splendeur. En 1456, à la mort
de Charles de Bourbon, il sert son successeur, Jean II, consolidant ainsi leur
place dans la noblesse locale.
Le destin de
Claude s’achève lors du siège de Beauvais, en 1472, où il trouve la mort au
service du roi Louis XI, laissant derrière lui un jeune fils, Claude II,
porteur d’un héritage de bravoure et de loyauté.
Le 2 janvier 1461, il épouse Marguerite MORIN D’ARFEUILLE,
fille de Jacques, Seigneur du Maslaurent , du Theil (Creuse) et de Sailhanc.
Cette famille tient son nom du Château d’Arfeuille situé sur
la commune de Crozes près de Felletin en Creuse. C’est toujours la même famille
propriétaire actuellement :
Ainsi, à
travers ces générations, se dessine le portrait d’une famille de chevaliers, de
bâtisseurs et de fidèles, dont l’histoire est indissociable de celle de la France
médiévale, marquée par la guerre, la révolte, la reconstruction, et
l’engagement au service du royaume.
Claude II DE
VILLELUME ( sosa 203 232)
Né vers 1470, il n’a plus son père très jeune et il est placé
sous la tutelle de sa mère
Le 24 janvier 1498 il épouse Françoise DE ROCHEFORT, fille de
Guillaume, Seigneur de Chateauvert (Saint-Martial-le-Château en Creuse) et de
Louise DE TINIERE. Il s’agit d’une puissante famille originaire de
Rochefort-Montagne (Puy de Dôme).
On leur connaît deux enfants : Pierre qui
suit et Marguerite
Pierre DE VILLELUME
(sosa 101 616)
Seul fils de ses parents, il épouse le 5 juillet 1516
Marguerite Charlotte DE SAINT-GEORGES, fille de Charles, Sénéchal de la Marche
et seigneur de Saint-Georges, de Lespinas et de Bussière, et de Dauphine DE
SAINT-JULIEN.
Cette famille tient son nom des terres qu’elle possédait à
Saint-Georges-la-Pouge près de Guéret
Bussière est aujourd’hui Bussière-Saint-Georges. Au sud de
Guéret. Rappelons que la Marche était une province qui correspondait à l’actuel
département de la Creuse, une partie nord de la Haute Vienne ainsi qu’une
partie de l’Indre, de la Vienne et de la Charente. C’était un Comté et le Sénéchal était
l’officier chargé de la justice sur le territoire du Comte.
Pierre et Marguerite ont quatre enfants : Jeanne qui
épousera Antoine II De Sarrazin, écuyer et seigneur de la Fosse, Gabrielle qui
deviendra l’Abbesse de Sainte Claire à Clermont, Guy qui deviendra seigneur de
La Batisse et de Beaubière et enfin celui qui sera notre ancêtre Marien Guillaume
Marien Guillaume DE
VILLELUME (sosa 50 808)
Il naît vers 1517 au château familial de Barmontet.
Comme tous ses ancêtres c’est une vie guerrière qui l’attend
et elle ne manque pas de dangers. Orphelin à 9 ans, il sert le Roi dès qu’il
est en âge de porter les armes.
Il a environ 21 ans lorsqu’il épouse, le 18 février 1538, la
très jeune Louise De GREEN DE SAINT-MARSAULT, treizième et dernière enfant de
Brandely, Sénéchal du Périgord, Seigneur de Saint Marsault et du Verjer
(Angoulême),de Verdier (à Eyburie en Corrèze) et du Coursou (Treignace en
Corrèze) et de Jeanne De Royère de Beaudéduit. De ce mariage naissent huit enfants : Jacques qui sera
Gouverneur du Château d’Angers, Jean qui sera reçu Chevalier de Malte, François
qui sera fait Chevalier de Malte et de Saint Jean de Jérusalem, Eymond qui
deviendra Seigneur de Besseix et de Villesauneix, Louise, Hélène qui deviendra
Religieuse bénédictine de Saint Genès, Maris qui sera religieuse de Sainte Claire
de Clermont comme sa tante, et enfin
celui qui est notre ancêtre, Antoine.
On l’appelle communément « Guillet » (petit
Guillaume). On trouve également des
écrits le nommant « Monsieur Villelume Barmontet ». En 1544, alors
qu’il n’a que 28 ans il accompagne le Comte d’Enghien en expédition en Italie. La
France enchaine les guerres avec ce pays depuis 50 ans et François Ier charge
le Comte d’Enghien de diriger l’armée française lors de la neuvième guerre. Le
Dauphin de France, futur Henri II est du voyage et Marien combat à la bataille
de Cérisolles (près de Turin) le 11 avril 1544, contre les troupes de Charles
Quint. La victoire est française. On peut signaler un petit film d’animation
intéressant retraçant cette bataille sur internet à l’adresse : https://www.youtube.com/watch?v=5iNijH5mbWQ
En 1548 il intègre les troupes royales envoyées par Henri II
pour mater les révoltés de Guyenne qui ne supportent plus la gabelle.
En 1550 il participe au siège de la ville de Boulogne contre
l’armée anglaise.
En fin d’année 1552, c’est au tour du siège de Metz à nouveau
contre les troupes de Charles Quint. Il est encore engagé dans les troupes
royales toujours contre le même ennemi et se distingue à la bataille de Renty
(pas de Calais) le 13 août 1554.
1557 est une mauvaise année. Henri II et Philippe II
d’Espagne tous deux successeurs de François Ier et de Charles Quint,
poursuivent les guerres qui les amènent dans le nord du pays. Marien est enrôlé
dans l’armée conduite par De Montmorency et la bataille de Saint Quentin a lieu
le 10 août 1557. L’issue est catastrophique. L’armée française est décimée,
elle perd 6 000 hommes et également 6 000 prisonniers, parmi lesquels
1 000 nobles dont Marien Guillaume De Villelume.
Libéré, il participe aux premières guerres de religion du
côté de l’armée catholique et on le trouve engagé à la bataille de Dreux le 19
décembre 1562 qui se termine par une victoire contre les protestants. Fidèle à
ses convictions, il figure encore aux côtés de Montmorency à la bataille de
Saint-Denis contre les protestants le 10 novembre 1567.
En récompense de ses services, le roi Charles IX le nomme
Chevalier de l’Ordre de Saint-Michal le 11 décembre 1569 et lui adresse les
lettres les plus flatteuses :
“Monsieur de Villelume‑Barmontet, pour vos vertus vaillances et mérites vous
avés esté choizy et esleu par l’assemblée des Chevalliers de frère compaignon
de 1’Ordre de Monsieur Saint Michel pour estre associé à ladite compaignic;
pour laquelle eslection vous notiffie et présente de ma part ‑ collier dudit
Ordre, sy vous l’avés agréable, J’envoye présentement mémoyre et pouvoir au
Sieur d’Escar, vous priant vous rendre
devers luy pour cet effest, estre
content d’accepter 1’honneur que la compaignie vous offre feire quy serat pour
augmenter de plus en plus l’affection et bonne, vollonté que je vous
porte, et vous donner occazion de
persévérer en la bonne dévotion qu’avés de me faire servisse, ainsy que vous
ferat plus à plain entendre de ma part ledit Sieur d’Escars auquel je vous prie
adjouter sur ce autant de foy comme vous feries à moy mesme. Priant Dieu adant,
Monsieur de Villelume de. Barmontet,, de vous avoir en sa sainte et bonne garde.
Au camp du Luzes, le onziesme jour de décembre mil cinq cent soixante neuf.
(.Signé) Charles.(et plus bas) de Laubespine”.
Cette même année il est l’un des gentilshommes d’Auvergne qui
prêtent serment de reconnaître une seule Saint Eglise Catholique et Romaine.
Il rédige son
testament sur son lit de mort le 5 juillet 1572 devant son notaire Maître
Mangot.
I
Guillaume
mourut aux environs de la Saint Barthélémy, fidèle à l’église de Rome: “Estant
dens son lict
mallade”, il testa le 5 juillet 1572 au château de Barmontet
devant le notaire Mangot, après avoir donné son “Ame à Dieu le Créateur et à la
Vierge Marie, et à tous les Saintz et Sainctes du Paradis”, en présence du curé
de sa paroisse.
Il répartit ses legs entre ses huit enfants.
Il est ensuite inhumé dans sa chapelle en l’église du village
de Vermeugheol. Sa veuve fait peindre sa litre funéraire (bandeau noir peint
sur les murs sur tout le pourtour) en vertu du « droit de litre » des
seigneurs.
Ainsi s’achève la vie à 56 ans, de cet homme qui consacra sa
vie aux guerres.
Antoine DE VILLELUME
(sosa 25 404)
Né vers 1550 au château de Barmontet, il épouse vers 1570 une
certaine Marie Anne DE SAINT-JULIEN qui lui donne un fils Gaspard Jean, notre
ancêtre, puis une fille Jeanne qui épousera René DE BOSREDON, Ecuyer et
seihneur de Voingt Hélas elle décède vers 1580 et Antoine prend une seconde
épouse, Anne DE LA VILLEDIERE, fille de Jacques, seigneur de la Villedière.
C’est par ce mariage, qu’Antoine hérite du titre supplémentaire de Seigneur de
la Villedière (de la paroisse de Sauvagnat ). De cette union naissent trois
filles : Françoise qui deviendra religieuse, Hélène, et Marie qui épousera
Gabriel Foucaud, seigneur de Saint-Germain-beaupré.
Il fut d’abord destiné à l’ordre de Malte avec son frère
Jean, et fit une donation à Jacques de Villelume, leur frère aîné, en raison
des grands services qu’il leur avait rendus en les armant de chevaux et en leur
permettant de s’acheminer vers Malte, leur intention étant d’être reçus
chevaliers de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem. Ce projet ne fut pas mis à
exécution, et Antoine resta en Auvergne.
Il est surnommé « la Capitaine Beaubière »
Avec son frère ainé Jacques, il sert avec distinction dans
l’armée royale lors de la troisième guerre de religion. Ainsi il combat à la
bataille de Jarnac le 13 mars 1569
faisant honneur à son père Marien, puis celle de Moncontour le 3 octobre
suivant, immédiatement après il participe au siège de Saint-Jean-d’Angély en
Charente jusqu’en décembre.
Gravure représentant la bataille de Jarnac
Quelques années plus tard, il est des troupes de Charles IX
qui assiègent La Rochelle, ville protestante, entre février et juin 1573.
C’est avec son frère ainé Jacques, qu’il assiège la ville
d’Issoire le 15 février 1590, pour en déloger les ligueurs protestants qui s’y
étaient réfugiés. En suivant, le 14 mars,
il combat à la bataille du Cros-Rolland, tout près d’Issoire, où il se
distingue à nouveau..
C’est également l’année de son décès sans toutefois qu’on
puisse l’attribuer à ces combats.
Il n’a que 40 ans.
Gaspard Jean DE
VILLELUME (sosa12702)
Né vers 1575, il épouse en première noce la très jeune (elle
n’a que 17 ans et lui 37) Marguerite DE MONTROUX fille de Antoine, Ecuyer et
Seigneur de Veyrmas et de Boscombeix (Chamberet en Corrèze)et de Judith DE
LUBERSAC DU VERDIER. Le mariage a lieu à Peyrissac en Corrèze le 25 décembre
1612.
Notons que cette Marguerite de Montroux est descendante de
Charlemagne et que c’est par elle que nous sommes reliés généalogiquement à
l’Empereur.
Le couple a huit enfants, deux garçons et six filles dont la
toute dernière n’est autre que Jeanne notre ancêtre.
Marguerite n’a que 48 ans lors de son décès en 1643 Et
Gaspard, bien qu’ayant dans les 68 ans, prend seconde épouse la même année et
convole avec Claire DE LA VILLE le 21 décembre à Mirement (Puy de Dôme)
Les détails de sa vie militaire ne nous est pas encore
parvenue. Il passe sa vie au Château de la Villedière à Sauvagnat près
d’Herment.
C’est là qu’il décède vers 1666.
Jeanne de Villelume (notre sosa 6351)
issue d'une lignée noble aux racines anciennes
dans le domaine militaire, constitue une figure emblématique de cette
aristocratie enracinée dans la région du Puy-de-Dôme. Née aux environs de 1615
à Sauvagnat, modeste village situé à une trentaine de kilomètres à l'ouest de
Clermont-Ferrand, elle est la septième et dernière fille de Gaspard Jean de
Villelume, seigneur local, et de Marguerite de Montroux.
Dès
sa jeunesse, Jeanne a été promise à un destin noble, en épousant un écuyer
distingué du nom de De Pradal de Masvallier. De cette union sont nés deux
enfants : Léonarde (notre ancêtre), née en 1630, qui épouse Jean
Delacour, et Étienne, qui poursuit la voie de la chevalerie en devenant écuyer.
À la disparition de sa mère, Jeanne hérite du titre de Dame de Truffy,
renforçant ainsi sa position au sein de la société noble de l'époque.
Son
existence s'écoule principalement à Malleret, un petit village de la Creuse, au
sein du Château de Pradal, bâtisse qui demeure encore aujourd'hui témoin de son
héritage. Le Château de Pradal, dont la construction remonte vraisemblablement
au XVe ou au XVIe siècle, a connu diverses transformations au cours des
siècles, notamment au XVIIe et au XIXe. Construit en gros œuvre de granit,
mêlant pierre de taille et enduit partiel, il se compose d’un rez-de-chaussée,
d’un étage carré et d’un étage de combles. Son toit conique, ainsi que le toit
à longs pans couverts d’ardoises, confèrent à cette demeure une silhouette
caractéristique de l’architecture médiévale et Renaissance.
Par
cette figure, c’est toute une époque et une lignée noble qui se trouvent
illustrées, témoignant de la permanence du patrimoine aristocratique dans le
centre de la France, entre alliances familiales, responsabilités seigneuriales
et bâtisses chargées d’histoire.
C’est là qu’elle décède à environ 74 ans.
Léonarde De Pradal
(notre sosa 3175)
Née vers
1630, elle épouse à Malleret le sieur Jean Delacour, greffier à Selongette
(Creuse) vers 1650
De cette
union naissent deux enfants, Laurent qui deviendra avocat au Parlement, puis Jeanne notre ancêtre
Elle décède
en février 1672 àSaint-Georges-de-Nigremont
Jeanne Delacour
(notre sosa 1587)
Née vers 1655, elle épouse à Saint-Georges-de-Nigremont le
dénommé Jean Richard le 29 février 1672
De cette union naissent six enfants, dont la troisième est Louyse notre ancêtre, en 1685
Jeanne décède en 1718 à La Courtine
Louyse Richard
(notre sosa 793)
Née en 1685,
elle épouse le 7 décembre 1704 à Lacelle en Corrèze un marchand voiturier,
nommé Jean Pataud
De cette
union naissent cinq enfants, dont le second est notre ancêtre Jean
Louyse
décède le 24 septembre 1763 à l’Eglise-aux-Bois en Corrèze
Jean Pataud (notre
sosa 396)
Né le 7
avril 1709 à Lacelle, il épouse le 1er mai 1736 à Lacelle,
demoiselle Marie Lissandre âgée de 19 ans. Toute sa vie il exerce le métier de
métayer
De cette union
naissent dix enfants dont le septième est notre ancêtre Jean le
troisième du nom
Jean Pataud (notre
sosa 198)
Né le 8
janvier 1759 à Lacelle, il épouse le 21 février 1782 à Lacelle demoiselle
Léonarde Eburderie. Il exerce le métier de cultivateur
De cette
union naissent trois enfants dont l’ainée est Françoise notre ancêtre
Jean décède
en 1826
Françoise Pataud
(notre sosa 99)
Née le 21
janvier 1790 à Lacelle, elle épouse à l’âge de 15 ans un cultivateur du nom de
Pierre Carry
De cette
union naissent huit enfants dont l’ainée Catherine
est notre ancêtre
Françoise
décède en 1847
Catherine Carry
(notre sosa 49)
Née le 1er
décembre 1806, elle épouse à l’âge de 15 ans, Léonard Billonnet, cultivateur
De cette
union naissent cinq enfants, et débute
ainsi la lignée des BILLONNET,
jusqu’à Solange notre maman.
Sources
d’informations :
-
Histoire
Illustrée des villes d’Auzance et de Crocq dans le pays de Combraille (Creuse)
par Ambroise Tardieu – 1888- pages 184/185
-
Bulletin
de la Société archéologique et historique du Limousin par Paul Ducourtieux –
1846
-
Bulletin
de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Corrèze - 1879
-
Nobiliaire
du Diocèse et de la Généralité de Limoges – Tomme 4- Joseph Nadaud – 1886- page
636
-
Histoire
Généalogique de la Maison d’Auvergne, Christophle Justel -1645, p. 138-
-
Histoire
d’Auvergne par le chanoine Pierre Audigier page 403
-
Revue
de la Haute Auvergne par la Société des lettres page 30
-
Mercure
de France- vol 2- page 205
-
Annuaire
de la Noblesse de France- Borel d’Hauterive – page 249
-
Notice
Historique sur la maison De Sarrazin originaire d’Auvergne – page 43
-
Preuves
de la Noblesse d’Auvergne de Louis de Ribier – page 471 et 472
-
Dictionnaire
des fiefs de la Basse Auvergne-comte de Remade- tome 1 col. 116-117 et tome 2
col.757
-
Généalogie
de la maison DE VILLELUME et de THIANGES, aimablement communiquée par M.
Aymeric DE VILLELUME
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