LES TRIBULATIONS DE NOTRE ARRIERE-GRAND-PERE Isaïe Louis Benoni DROUARD
Né en 1860 à Ormes, dans le nord de Troyes, Isaïe Louis
Benoni voit le jour dans une famille dont le destin allait le conduire à
parcourir de nombreux horizons et à vivre une vie riche en expériences.
En 1881, à l’âge de 21 ans, il se marie avec
Appoline Doucet. À cette époque, il exerce la profession de bonnetier, un
métier qu’il exercera probablement durant plusieurs années. Leur union,
cependant, sera brève : après seulement sept mois de mariage, il devient veuf.
En 1882, il réside alors au 6 rue Saint Antoine à Troyes, tandis qu’Appoline
demeure chez ses parents à Saint-Parre-les-Vaudes.
En novembre 1882 il est appelé au service national et affecté au 106ème Régiment d'Infanterie de Mourmelon. Il est libéré de ses obligations en janvier 1884.
En novembre 1882 il est appelé au service national et affecté au 106ème Régiment d'Infanterie de Mourmelon. Il est libéré de ses obligations en janvier 1884.
Aussitôt, deux ans après la perte de son épouse, il se remarie, cette fois avec Marie Alexandrine Chambon, une jeune femme ardéchoise de 28 ans, qui vient tout juste de donner naissance à leur fille, Marie Louise, en mars 1884. Le mariage a lieu un mois après la naissance de Marie Louise. À cette époque, Isaïe habite au 22 rue Thiers à Troyes, toujours en bonnetier, tandis que la mariée réside au 55 rue de Preizé (ou Preizé, selon les sources).
Lors de la déclaration
de naissance, il mentionne demeurer au 6 rue Saint Antoine.
L’année suivante, en 1885, il est à nouveau père
d’une fille, Clothilde, qui vivra seulement 25 mois. La famille reste installée
rue Saint Antoine. Tragiquement, en 1889, après cinq années de mariage, sa
seconde épouse décède, laissant Isaïe seul avec leur fille de cinq ans. Lors de
la déclaration, il déclare être garçon de café et résider au 15 rue de l’Église
à Sainte Savine.
Deux ans plus tard, en 1891, il se remarie avec
Émilie Alphonsine Fouquet, une jeune fille de seulement 17 ans, tandis qu’il a
31 ans. Lors de leur mariage, il déclare être employé de bonneterie et habiter
au 56 bis rue de Paris à Troyes, tandis qu’Émilie demeure chez ses parents au
10 rue des Pigeons.
Leur union marque le début d’une vie itinérante : peu après,
ils vivent en roulotte, une existence nomade qui les mènera à travers divers
villages.
En 1892, ils s’installent au 8 rue de la
Visitation à Troyes, où naissent deux jumeaux, Georges et Marcel.
Isaïe, toujours
bonnetier, a 31 ans, et Émilie 18 ans. La vie de ce couple semble marquée par
une certaine instabilité, probablement accentuée par le décès prématuré de
leurs deux premiers enfants et leur mode de vie nomade. Leur existence semble
influencée par la famille d’Émilie ; en particulier, par Julienne Donon,
artiste lyrique et photographe, épouse d’un frère d’Émilie, Edmond Fouquet.
Leur vie de saltimbanque les conduit dans divers villages, sans enfants nés à
Troyes, mais souvent dans des roulottes.
En 1893, à Romain-sur-Meuse en Haute-Marne, naît
leur fille Georgette. Isaïe, alors âgé de 32 ans, déclare être voyageur
ambulant, domicilié à Troyes, mais en déplacement. L’enfant naît dans sa
voiture, stationnée en plein air sur la place publique.
Deux ans plus tard, en 1895, à Châtillon-sur-Seine, sur la
promenade du Cours l’Abbé en Côte-d’Or, naît Marcel Georges.
En 1897 en juillet,
leur fille Suzanne Olga voit le jour à Laignes. Toujours déclarant être artiste
lyrique, Isaïe a 35 ans, et sa femme 22 ans.
En 1901, une nouvelle fille, Germaine, naît à Avirey-Lingey,
dans l’Aube, dans une roulotte stationnée sur la place de l’église.
Pendant ce temps,
Isaïe, toujours artiste lyrique, et Émilie vivent en mouvement. En janvier
1903, leur septième enfant, Georges René, notre grand-père, naît à Egleny, dans l’Yonne, au
domicile familial, où la vie semble s’être stabilisée quelque peu. Il a alors
42 ans.
En 1905, à Saint-Martin-en-Bresse en
Saône-et-Loire, naît leur huitième enfant, Yvonne Carmen. Isaïe, cette fois
déclaré « sans domicile fixe de passage », a 45 ans. La famille continue de
s’agrandir, et Isaïe devient grand-père pour la seconde fois lorsque Marie
Louise donne naissance à René Maurice.
En 1907, leur fille aînée, issue de Marie
Alexandrine Chambon, décède à l’âge de 25 ans. Elle était mariée à Maurice
Martin et mère de René Martin, âgé de deux ans. En 1908, en octobre, naît Lucien
Germain à Saint-Martin-en-Bresse. Isaïe, toujours déclaré « sans domicile fixe
», a 48 ans, sa femme 35 ans.
En 1911, à Saint-Philibert dans la Côte-d’Or,
naît leur dixième enfant, André Germain. Isaïe a 50 ans et se déclare maintenant
jardinier, sa femme sans profession. Leur fille aînée, Georgette, épouse Lucien
Gautheron à Saint-Philibert en octobre de cette même année. La famille s’est
encore agrandie, ne laissant plus que sept enfants avec les parents.
En 1912, Isaïe devient grand-père pour la seconde fois, sa fille Georgette donnant naissance à Anita Rose. La vie familiale s’inscrit dans un contexte de stabilité relative.
En 1914, la guerre éclate : le 3 août, la mobilisation générale est proclamée. Son gendre, Maurice Martin, est tué dès le 25 du mois, laissant leur petite fille de 22 mois orpheline. En décembre, leur fils Marcel est appelé à la guerre, incorporé au 5e Régiment d’Infanterie Coloniale. Il vit alors dans le village voisin de Gilly-lès-Citeaux, seul ou fiancé.
En 1916, toute la famille réside à Champlay, dans l’Yonne, près de Joigny. C’est cette année-là qu’ Emilie, décède subitement à l’hôpital de Joigny, à l’âge de 43 ans, en juillet. La cause de son décès demeure mystérieuse, car les archives hospitalières ayant été détruites, son décès reste enveloppé de silence. La famille ne saura peut-être jamais si elle est morte lors de son onzième accouchement, comme certains l’ont supposé, ou pour une autre raison.
En 1917, la tragédie s’approfondit : Marcel est tué au Chemin des Dames le 13 avril, lors des préparatifs de la grande offensive du Général Nivelle. Il faudra attendre 2010 pour que son nom soit enfin gravé sur le monument aux morts de Gilly, grâce aux démarches que j’ai entreprises. Son lieu de sépulture demeure inconnu : il n’apparaît pas dans tous les cimetières du secteur, et la famille se demande s’ils ont récupéré sa dépouille ou s’il repose ailleurs.
Après la guerre, la vie continue : en 1920,
Isaïe devient grand-père pour la troisième fois, avec la naissance d’Odette
Lamy, fille de Germaine, laquelle ne vit plus avec son père mais à Paris. En
1922, lors du second mariage de sa fille Georgette, il réside à
Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais.
En 1923, il est à Bourgoin, dans l’Isère, lors du mariage de
son fils Georges René, notre grand-père. Il est alors employé, et sa famille
s’étend encore : sa fille Germaine donne naissance à Roger Victor, et Yvonne se
marie à Bourgoin. Il est présent à ce dernier mariage et dit demeurer au lieu-dit
Le Martinet
En octobre 1924, il devient grand-père pour la
cinquième fois, par la naissance de Louis Joseph Lamy, fils de Germaine.
Cependant, lors du mariage de sa fille Germaine en 1925, Isaïe est déclaré
décédé. La date exacte de son décès se situe entre juin 1923 et octobre 1925,
mais son lieu demeure un mystère.
C’est
ainsi que s’achève la vie mouvementée de notre arrière grand-père entre juin
1923 et octobre 1925
Ne
désespérons pas de découvrir un jour où et quand son chemin s’est arrêté.
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